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L’ancien cimetière israélite de Tunis : le problème de la « hernie » par Armand Maarek et Claude Sitbon

problème de la « hernie en 1937-38



L’ancien cimetière israélite de Tunis :
le problème de la « hernie »
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L’ancien cimetière israélite de Tunis était situé en plein centre ville et cette particularité ne manqua pas de provoquer des problèmes au cours du temps .
En mars 1887 , sous le Protectorat français , des émeutes juives éclatèrent dans ce cimetière suite à un décret municipal concédant à une entreprise française le droit exclusif de transport des corps pour y être inhumés .
Dans les années qui suivirent ces graves événements , la situation territoriale du cimetière se compliqua : sous la poussée de l’expansion urbaine , sa position en centre ville apparut comme un spectaculaire « hiatus », une gêne géographique de plus en plus évidente ; le gouvernement du Protectorat proposa , sans succès ,aux autorités de la Communauté israélite de désaffecter ce cimetière .
En fait , on projetait d’élargir l’avenue Roustan qui longeait le mur du cimetière mais un saillant de celui – ci (surnommée « hernie ») rétrécissait à ce niveau la largeur d’ensemble de cette voie de circulation.
Les autorités communautaires et rabbiniques furent saisies de la question : pouvait –on ouvrir les tombes et exhumer les corps des défunts enterrés dans cette « hernie » ?
Leurs réponses furent plutôt nuancées à deux reprises, tant en 1930 et 1937: la loi rabbinique interdit formellement l’ouverture des tombes et l’exhumation des corps sauf leur transfert en Terre sainte ou dans le cas où elles formeraient un obstacle au public ; cependant ,on insistait sur le fait que des troubles étaient à redouter car la population israélite croyait aux principes sacro – saints du respect du repos séculaire des trépassés .
Les années passèrent sans qu’une solution ne fut trouvée et appliquée ; en fait, lors du déclenchement de la deuxième guerre mondiale , l’autorité militaire française en Tunisie annonça la suppression de la « hernie » pour des nécessités de défense passive et des impératifs de sécurité : l’avenue Roustan fut donc élargie au niveau du mur du cimetière et certaines tombes subirent l’exhumation . Pour le journal conservateur israélite , « L’Egalité », « la farce est jouée » , faisant allusion aux « mille artifices passés » précédemment essayés
Durant l’occupation allemande (1942 – 43), la municipalité de Tunis fit pression pour légaliser la propriété du cimetière en tant que bien communal , mais cette affaire n’eut pas de suite jusqu’en juin 1958 , date à laquelle le gouvernement tunisien , désormais indépendant depuis la fin du Protectorat , expropria l’ensemble du cimetière considéré désormais comme un bien communal .
La « hernie » du cimetière avait donc été supprimée pour des raisons ou des prétextes de sécurité , mais la volonté de récupérer l’ensemble du terrain de la nécropole juive s’affirma irrémédiablement sous l’autorité à nouveau souveraine de la Tunisie .

Albert MAAREK, Historien et Claude Sitbon Sociologue

Lundi 2 Juillet 2018
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