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Les rites funéraires de Djerba

rite de passage a Djerba



Informations transmises par Dr Simon Sagroun et Zerah Bittan

rites funéraires de Djerba


Ils sont sous la responsabilité d’un comité de la Hevra Kadisha dirigé par Zerah Bittan, transmise de famille en famille et par le biais de la famille Sagroun et la mère de Zerah Bittan
Il s ‘agit de rites de juifs venant souvent de la Libye .
Lors d’un décès, après obtention du certificat de décès délivré par le médecin de la Hara, le défunt doit être enterré très rapidement et si nécessaire la nuit à la lumière de lampes électriques, (d’où la présence de prises électriques dans le cimetière (figure 9)) ou de lampes à huile ou pétrole.
Le défunt est embaumé dans sa maison par le comité de Hevra Kadisha (environ 3 personnes bénévoles mais n’appartenant pas à la famille du défunt). Il repose par terre ; le défunt est arrosé d’ablutions d’eau chaude provenant d’une citerne. Ces ablutions visent les yeux, les oreilles, les mains et les ongles coupés ; elles sont accompagnées de prières pour chaque partie du corps du défunt.
Le défunt ne reste jamais seul et, si nécessaire, on dépose à ses cotés une clé ou une paire de ciseaux pour repousser le « jnoun » avant son départ au cimetière.
Il est vêtu d’habits de lin, tissu végétal. Il porte un chapeau, une chemise ou une veste, un caleçon à la djerbienne et un talit. Il n’y a pas de cercueil : le défunt est enterré à même la terre.
Les pleureuses qui participent aux rites funéraires sont choisies pour leurs voix. Elles récitent des chants tristes en judeo –arabe ou kinot.
En quittant la maison du défunt, les femmes sortent en premier du domicile en poussant des cris, une gargoulette est brisée (comme pour la cérémonie du mariage).
A proximité du cimetière sept tours autour du défunt sont accomplis, accompagnés de prières ; des petits fragments d’or sont jetés en l’air lors de chaque tour.
Le fils ne rentrera pas au cimetière.
Dans tous les cas un repas composé de pain et d’olives est offert au retour du cimetière par la Hevra Kadisha ; à la Hara Sghira on offre aussi des œufs.
Les frais d’enterrement, comme ceux concernant la concession, sont évalués par les membres de la Communauté de manière anonyme selon la fortune du défunt. Un gage de la famille sous forme d’un bijou en or est demandé qui sera rendu après le règlement des frais.
Selon le livre du Zohar, pendant les 7 jours du Deuil, l’âme du défunt -« la Nechama »- fait des allées et retours entre le cimetière et la maison du défunt. En conséquence de quoi, chaque jour durant cette période, trois prières sont prononcées au domicile du défunt et un « Nere » est allumé.
Au septième jour une stèle est déposée et au quarantième jour une pierre tombale est réalisée ; éventuellement, selon les moyens de la famille du défunt, une épitaphe en hébreu y est gravée.

Les Élégies ou Kinot des pleureuses
Lors des décès, des scribes composent des élégies ou « kinot » sous forme de chants funéraires inspirés de poètes de l’époque andalouse. On peut citer à titre d’exemple Samuel ha-Naguid, qui s’est rendu célèbre par ses poèmes lyriques sur les plaisirs ou les chagrins de la vie.
Les « kinot » racontent les faits marquants, souvent particulièrement émouvants, de la vie du défunt et qui ont été mis à la connaissance du scribe par la famille du défunt.
A celà sont ajoutés des références bibliques et talmudiques.
Nous avons également découvert le rôle important joué par les « pleureuses » ou « mekonenot », qui ont la charge de réciter les « kinot » près du cimetière avant l’enterrement, pendant les 7 jours du Deuil au domicile (à l’exception du samedi), puis près de la tombe lors du trentième jour, ainsi qu’à la fin des onzième mois et douzième mois.
Le chant funéraire est entamé d’abord par une première pleureuse ayant des qualités de récitante puis il est repris par toutes les autres. La première pleureuse doit réciter le chant funéraire avec une charge émotionnelle suffisamment forte pour faciliter les pleurs et lamentations à haute voix de toutes les autres pleureuses.
Les « kinot » orales ne sont pas toutes gravées sur la pierre tombale. En effet l’inscription d’une « kinah » par un marbrier, sous le contrôle du scribe qui l’a écrite, requiert un investissement financier qui n’est pas à la portée de toutes les familles.

Mardi 28 Août 2018
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