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Visite au Borgel en mai 1999

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Sfax et Chebba

09/10/2018 - Marc Fellous

Sfax son cimetiere juillet 2018 et Chebba

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09/10/2018 - Marc Fellous

Article n°205

09/10/2018 - Marc Fellous

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Message d'André Nahoum

Etat du cimetière du Borgel



Bonjour,


J’ai profité d’un voyage de quelques jours à Tunis pour visiter la tombe de mon père
au cimetière du Borgel.
Le spectacle qui s’offrit à moi dés l’entrée dans cette nécropole où reposent nos
parents et grands-parents est proprement désolant.


Tombes brisées, herbes folles en si grande quantité et d’une telle taille qu’elles
recouvrent entièrement souvent les sépultures et dans ce champ de repos qui
nous est si cher, tout n’est que désordre et anarchie.
Il y a eu depuis quelques années des travaux et des initiatives louables tant de la part
de l’association présidée par Bernard Allalli que par l’AICJT-Le Borgel sous la présidence
du professeur Marc Fellous
Le cimetière a été divisé en carrés, les tombes ont été répertoriées et l’on peut s’y retrouver
grâce à l’informatique. Certaines ont été réhabilitées et l’on désherbe chaque année une partie
du cimetière. Mais l’herbe repousse vite.


Pourtant le Borgel est le plus important lieu de mémoire de la communauté juive de Tunis
depuis que le cimetière de l’Avenue de Londres a été transformé en jardin public dans les
années cinquante s’il venait à disparaître étouffé para végetation, il ne resterait plus de traces
physiques de la présence bimillénaire des Juifs à Tunis.


Au cours de première moitié du vingtième siècle,les épitaphes étaient rédigées en hébreu,
en judeo-arabe et en français. On y trouve parfois sur certaines sépultures des petits poêmes
très émouvants qui constituent des témoignages irremplaçables de la vie et de la sensibilité juives


Alors que faut-il faire ?


Le cimetière appartient à la communauté juive et il lui revient théoriquement de prendre
en charge sa restauration. Mais les quelques centaines de Juifs qui vivent encore en Tunisie
sont absolument incapables
d’en assumer les frais.


Il faudrait d’une part- que les Juifs d’origine tunisienne résidant en France, en Israél ou en Amérique
acceptent d’y contribuer, mais il faudrait surtout obtenir le soutien actif des autorités tunisiennes tant
au niveau de la ville de Tunis que du gouvernement et du ministère français des affaires étrangères,
puisque la plupart des descendants de ces morts sont aujourd’hui français.


Depuis l’accession au pouvoir du président Ben Ali, on assiste à un retournement complet de la
Tunisie dans le sens d’une amélioration considérable des relations entre ce pays et ses anciens
citoyens Juifs.
Pendant longtemps on a oublié qu’il y avait eu des Juifs en Tunisie. Aujourd’hui, le gouvernement
multiplie les efforts pour que les juifs qui y viennent en vacances se sentent de nouveau chez eux.


Il y a deux jours a débarqué dans mon hôtel à Tunis un groupe important d’Israéliens d’origine
tunisienne qui
Venaient retrouver les lieux de leur enfance. Et j’ai pu les voir, voisiner le plus paisiblement du
monde dans la salle à manger à l’heure du petit déjeuner avec des familles tunisiennes, des
hommes d’affaires arabes et des jeunes sportifs originaires des Emirats.


Vous pouvez imaginer comment j’ai apprécié cette leçon de tolérance et d’ouverture dans un pays qui se
reconnaît arabe et musulman, petit rayon de lumière dans un monde plutôt inquiétant.


Dans cette ambiance de retrouvailles il doit être possible de sensibiliser les autorités tunisiennes
et les pousser à accepter de prendre en charge la remise en état du Borgel qui, s’il appartient à notre
communauté appartient aussi et peut-être davantage à la nation tunisienne pour qu’elle se souvienne
qu’il y eut une fois en Tunisie des juifs qui ont largement contribué à son essor au cours des siècles..

Albert MAAREK, Historien

Vendredi 23 Octobre 2009
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